Rivages

En ville

Les rivages attirent les humains. Le littoral le plus urbanisé a toujours face à lui la mer, l’élément naturel le plus abondant et le plus fécond de notre monde. Les calculs sont difficiles à faire, mais si on donne une profondeur de 15 km à une région littorale, la population mondiale des régions côtières, à la fin du 20e siècle, se montaient à 850 millions d’habitants, si on lui donne une profondeur de 50 km, c’est la moitié de la population de la Terre qui habitait une région littorale : une proportion énorme au regard de la faible superficie de cette bande littorale face aux immensités des espaces continentaux.

Les densités de population des conurbations littorales (mégalopole de la côte est des Etats-Unis de 650 km de long, au Japon la ceinture du Pacifique de 900 km de long) atteignent 1 200 et 2 000 hab/km2 tandis que la densité moyenne de ces régions est cinq fois supérieure à celle des régions continentales.

Bref, il y a du monde et les vacances estivales ne font qu’augmenter ces densités, heureusement de manière très localisée. Ce phénomène de transhumance humaine et motorisée me pousse à rechercher des endroits qui restent, le plus possible, épargnés par les invasions saisonnières.

Le Havre

J’aime les ports, je ne connais vraiment que les petits, Saint Tropez dans mon enfance, Dieppe ou Paimpol maintenant. Des grands je n’ai fait qu’y passer, Rotterdam, Amsterdam, New York, sauf au Havre où j’ai passé quelques jours à n’y faire que des photos

Dieppe et les valleuses

Comme Etretat, Fécamp, Varangeville et tant de ces villes et villages maritimes du pays de Caux, Dieppe est une valleuse, immense certes mais, en fin de compte, rien d’autre qu’une échancrure dans les falaises blanches et fragiles du pays de Caux. La ville offre bien des avantages pour un citadin de la région parisienne. On peut la relier par le train et elle offre des aspects bien typés, des quartiers différents, une animation permanente et un front de mer assez moche mais photogénique. Mes photographies le démontreront je l’espère. Ne soyez pas rebutés par les panneaux du poste de contrôle de la jetée. L’endroit, s’il n’est pas toujours propre surtout aux weekends d’été lorsque des pêcheurs indélicats le squattent, constitue une agréable balade entre le chenal d’accès au port et la longue plage de galets du front de mer. Deux hautes falaises blanches encadrent le site. Celle du Nord avec sa chapelle de marins et ses ex votos, avec au-delà du pont tournant l’ancien quartier des marins qui grimpe sur la pente. La falaise du sud est couronnée par le château de Dieppe et son petit musée. De là-haut, le regard s’ouvre sur tout le quartier balnéaire, le port et la vieille ville regroupée autour de son église.