Athènes au mois d’août laissait paraître ce malaise, pourtant nous nous comportions en touriste de base, allant et venant dans Plaka le quartier ancien qui couvre les pentes autour de l’Acropole. Quartier bien agréable quoique presque exclusivement dévolu aux touristes. Les hauts du quartier, restaient un peu à l’écart de cette animation, il faut dire que c’était là que se trouvait principalement les rues et les maisons laissées à l’abandon, et on n’y trouvait que très peu de cafés ou de restaurants.


Dés nos premiers pas dans la ville nous fûmes frappés par les stigmates de l’appauvrissement du pays. Nous n’étions que des touristes mais cela crevait les yeux. Même dans les quartiers touristiques ou bourgeois on voyait des commerces en déshérence, des habitats complètement dégradés, de vieilles maisons modestes ou patriciennes abandonnées et tombant en ruines, des restaurants fermés, et un nettoyage des rues très sommaire. Nous avions observé dans d’autres régions rurales ou de petites villes de province les mêmes marques et cicatrices de la crise. Au début de nos vacances, en Argolide, après la visite d’Epidaure nous avons suivi la belle route littorale qui descend vers le Sud jusqu’à un village balnéaire où les nombreux restaurants, tous sauf un, étaient fermés. Nous avions faim et nous nous y sommes installés. Le proprio, charmant, accueillant, nous a fait choisir dans sa cuisine ce qui ferait notre repas. Il n’y avait pas beaucoup de choix : une sorte de ratatouille accompagnée d’une pile de côtes de porc au citron. En Argolide au moins le citron accompagne toujours le porc. Délicieux, très basique, mais délicieux. La seule autre clientèle fut la famille revenant de la plage : enfants et petits-enfants du couple propriétaire. Cela donnait l’impression que le restaurant ne servait plus qu’à ça : attabler et réunir et nourrir la famille à moindre frais et les très rares touristes de passage dans ce village fantôme.

